Autriche: la coalition gauche-droite emporte le scrutin, l’extrême droite en hausse

Autriche: la coalition gauche-droite emporte le scrutin, l’extrême droite en hausse

Le parti d’extrême-droite FPÖ de Heinz-Christian Strache gagne plus de quatre points.

Associated Press / Reporters

La grande coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs en Autriche devrait se maintenir au pouvoir à l’issue des élections législatives de ce dimanche. Mais elle essuie parallèlement un revers cuisant avec la forte montée de l’extrême droite.

Le Parti social-démocrate autrichien (SPÖ) a remporté ce dimanche les élections législatives en totalisant 27,1% des suffrages exprimés, alors que son partenaire de gouvernement, le Parti populaire (ÖVP, conservateur), a récolté 23,8%, selon les résultats officiels provisoires annoncés par le ministère de l'Intérieur.

Le parti d'extrême droite FPÖ est arrivé en troisième position avec 21,4% des suffrages, alors que l'autre formation politique d'extrême droite BZÖ (3,6%) n'a pas atteint la barre des 4% pour rester au Parlement.

Deux nouveaux partis font leur entrée dans la chambre basse du Parlement autrichien: l'Equipe Stronach, du milliardaire eurosceptique austro-canadien Frank Stronach, obtient 5,8% des suffrages alors que les libéraux des NEOS ont réuni 4,8% des voix.

Le scrutin est donc marqué par la forte progression du principal parti d’extrême-droite. Le FPÖ de Heinz Christian Strache, qui a prêché «l’Amour du prochain» -- à condition qu’il s’agisse d’Autrichiens -- était fortement remonté dans les sondages, profitant d’une campagne terne et clientéliste des deux grands partis. «HC», comme il aime se faire appeler, avait promis «un miracle bleu», la couleur du FPÖ, lors de ces élections.

SPÖ et ÖVP enregistrerent leur plus mauvais score depuis l’avènement de la 2e République, après l’effondrement en 1945 de la dictature nazie, alors que les Autrichiens ont privilégié depuis 68 ans les alliances entre ces deux formations, gage de stabilité dans le pays.

«Nous nous réjouissons de former le prochain gouvernement», a néanmoins réagi le chef de campagne du SPÖ, Norbert Darabos.

L’équipe menée par le chancelier social-démocrate sortant Werner Faymann, dont ce sera le second mandat, peut se targuer d’un bon bilan économique, avec un taux de chômage contenu sous les 5%. Mais les nombreux scandales de corruption de ces dernières années et les querelles internes synonymes de paralysie des réformes ont lourdement pesé sur sa popularité.

La surprise « NEOS », les Verts au plus haut de leur histoire

Le milliardaire austro-canadien eurosceptique Frank Stronach récolte de son côté 5,6% à 6%, alors qu’il était crédité de 12% il y a un an. Le fondateur du géant mondial de l’équipementier automobile Magna s’est décrédibilisé au cours de la campagne par ses surprenantes suggestions, notamment le rétablissement de la peine de mort pour les tueurs professionnels, la création d’un euro différent pour chaque pays ou son évocation d’une invasion de l’Autriche par la Chine.

Le nouveau petit parti libéral «NEOS», pro-européen et soutenu par l’industriel autrichien du bâtiment Hans Peter Haselsteiner, crée de son côté la sensation en réussissant à passer la barre des 4% nécessaires pour entrer au parlement (4,7 à 4,9%).

En revanche, le parti fondé à la suite d’une scission du FPÖ par le charismatique dirigeant populiste Jörg Haider, décédé dans un accident de voiture en 2008, échoue sous cette barre (3,3 à 3,7%) et est donc éliminé du Parlement alors qu’il avait encore obtenu 10,70% en 2008.

Les Verts, auteur d’une efficace campagne anti-corruption, enregistrent le meilleur score de leur histoire avec 12% des suffrages selon ARGE, mais en-dessous des sondages qui les créditaient de 14 à 15%.

Quelque 6,4 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire les 183 députés de leur Conseil national, la chambre basse du parlement. La participation devrait avoir baissé de deux points, après 78,82% en 2008.