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Manchester City: Tevez le banni devient l’ultime recours

Manchester City: Tevez le banni devient l’ultime recours

Tevez en est déjà à quatre buts et deux passes décisives en moins d’un mois et six rencontres.

AFP

Banni par son club pendant la moitié de la saison, Carlos Tevez fait désormais figure d’ultime recours pour Manchester City, après son triplé samedi contre Norwich (6-1), dans une course au titre de champion d’Angleterre mal embarquée.

L’Argentin, titularisé pour la deuxième fois depuis son retour à la compétition, a livré un match éblouissant, rehaussé par deux chefs-d'œuvre: l’ouverture du score, d’un tir puissant dans la lucarne, dans un angle pourtant fermé, et une passe décisive, d’une sublime talonnade, à son compère Sergio Agüero quelques minutes plus tard.

Tevez en est déjà à quatre buts et deux passes décisives en moins d’un mois et six rencontres, en réalité l’équivalent de deux matches et demi-complets, car le Sud-Américain de 28 ans, à cours de forme physique, a d’abord dû se contenter de quatre apparitions tardives.

Dès ses débuts contre Chelsea le 21 mars, il avait montré que quatre mois d’exil au pays n’avaient en rien entamé son sens du jeu en donnant le but de la victoire (2-1) à Samir Nasri dans un une-deux parfait.

Il s’agissait de son premier match depuis la fameuse soirée de septembre à Munich où il avait refusé d’entrer en jeu contre le Bayern, en Ligue des champions, provoquant un tollé en Angleterre et sa mise à l’écart du club.

Ce retour en forme tombe particulièrement bien pour l’entraîneur Roberto Mancini, qui ne peut plus compter sur Mario Balotelli, suspendu, pour appuyer Agüero en attaque.

Mais le manager prend soin de ne pas afficher un trop grand enthousiasme, sachant bien que la réussite de l’Argentin pourrait se retourner contre lui. Les supporteurs, et les dirigeants, ne manqueront pas en effet de se demander ce qu’aurait donné cette saison la paire Tevez-Agüero si l’Italien s’était montré moins intransigeant après l’affaire de Munich.

« Bon aussi sans Carlos »

Le bilan des deux derniers matches contre West Bromwich (4-0) et Norwich, que les deux Argentins ont commencé ensemble, ne peut qu’attiser les regrets, ou ouvrir de belles perspectives d’avenir: 8 buts et 3 passes décisives à eux deux.

« Nous avons été bons aussi sans Carlos pendant quatre ou cinq mois », a souligné Mancini samedi, faisant allusion à la longue période durant laquelle City a occupé la tête du classement. « Mais je suis sûr que si nous avions eu Tevez, Balotelli, Agüero et Dzeko ensemble, nous aurions marqué plus de buts », a-t-il quand même reconnu.

Défié par l’Argentin, avec lequel il n’en était pas à son premier accroc, l’entraîneur a choisi d’affirmer son autorité, à un moment où tout allait bien sportivement pour City, en jurant que le rebelle « ne jouerait plus jamais », puis en insistant pour qu’il soit vendu lors du mercato d’hiver.

Mais le transfert ne s’est pas fait et Mancini a peu à peu modéré ses exigences, sous-entendant que des excuses feraient l’affaire. Tevez, parti en Argentine sans l’autorisation de son employeur, a fini par s’exécuter à la mi-février.

Il est allé un peu plus loin dimanche en se fendant de remerciements envers ses coéquipiers et l’encadrement technique. « Ce n’était pas facile de recommencer à s’entraîner et à jouer mais ils m’ont beaucoup aidé », a dit le Sud-Américain, persuadé que City « peut encore gagner le titre » aux dépens de Manchester United.