POLITIQUE

De Wever n'en a pas assez pour conclure

La mission d'information de Bart De Wever a pris fin ce jeudi. Comme prévu, le leader de la N-VA a remis son rapport au Roi. Il lui a également demandé d'être déchargé de sa mission. Ce que le Roi a accepté. Et maintenant? De Wever voudrait continuer... Mais Di Rupo est appelé au Palais à 19h.

La mission d'information de Bart De Wever a pris fin ce jeudi. Comme prévu, le leader de la N-VA a remis son rapport écrit au Roi. Il lui a également demandé d'être déchargé de sa mission. Ce que le Souverain a accepté. Et maintenant?

La balle est de nouveau dans le camp du Roi. C'est lui qui doit décider de la suite à donner au déroulement des opérations. Alors que De Wever a tenu vers 17h30 au Parlement une conférence de presse pour y faire état de ses conclusions, les premières rumeurs font état d'un possible second informateur.

C'est d'ailleurs ce qu'à confirmé De Wever lors de cette conférence de presse tenue au Parlement. Il se dit "disponible", et affirme qu'il "ne prendra pas de vacances". Bart De Wever souhaite en effet se lancer dans une seconde phase de négociations avant qu'un formateur ne s'attèle à la formation effective d'un gouvernement. Car selon lui, les positions des partis d'une possible majorité convergent, mais pas assez.

"Conséquences inimaginables en cas d'échec"

De Wever a à nouveau souligné ses priorités: assainissement des finances publiques, réforme institutionnelle bien sûr, et accent sur le socio-économique. Ce qui plaira à Di Rupo. Sur cette maigre base de programme, De Wever n'a pas proposé de coalition au Roi. Il estime qu'une bonne base de discussion doit être trouvée avant d'entamer des négociations. Commencer ces négociations tout de suite aurait des conséquences "inimaginables" en cas d'échec, a-t-il ajouté.

Alors, qui pour endosser ce nouveau rôle d'information? De Wever lui-même? Di Rupo? D'après certains journalistes présents à la conférence de presse de De Wever au Parlement, Elio Di Rupo était dans le même temps appelé chez le Roi... On a ensuite appris que le président du PS serait au Palais à 19h.

Avec Belga


De Wever parle enfin

Bart De Wever a dit avoir trouvé des convergences entre les partis "qui entrent en considération pour former un gouvernement" sur les trois domaines qu'il a explorés: l'assainissement des finances publiques, la cohésion sociale et la réforme de l'Etat.

"Au terme de ma mission en qualité d'informateur, il est plus que jamais clair que constituer un nouveau gouvernement fédéral belge comportera, outre d'autres tâches telles que la réforme du système judiciaire et la révision de la politique d'asile et d'immigration, trois défis de la plus grande importance, qui forment en réalité un triple volet", a-t-il dit pour commencer lors de la conférence de presse qu'il a donnée à la fin de sa mission.

Pour lui, "l'assainissement des finances publiques, qui consiste à trouver un équilibre entre les recettes et les dépenses afin d'éviter un effet boule de neige en matière de taux et de réduire la dette publique, va pour certains de pair avec la poursuite de la réforme institutionnelle".

"Cette réforme a en effet pour objectif d'améliorer l'efficacité de l'administration et de donner aux entités fédérées davantage de latitude pour développer leur propre politique et en assumer la responsabilité. L'assainissement des finances publiques et la réforme de l'Etat à mener en parallèle doivent en outre permettre de protéger au mieux et si possible - de préférence - de renforcer notre tissu économique et social", a ajouté l'informateur sortant.

"Trois défis liés"

Il a ensuite souligné que toutes les personnes qu'il a consultées au cours de sa mission "sont également d'avis que ces trois défis sont les plus importants à relever et sont dès lors des objectifs à atteindre dans le cadre de la politique gouvernementale. L'accord est en outre général sur le fait que ces trois objectifs sont indissociablement liés".

"Exception faite des syndicats qui se montrent plus réservés en ce qui concerne le timing, tous les partenaires sont conscients que les finances publiques doivent être assainies au plus vite et ne peuvent encore se prononcer sur l'ampleur de la tâche. Etant donné que les points de vue et les visions divergent, des mesures équitables visant non seulement à réduire les dépenses mais également à augmenter les recettes devront être prises sur la base des nombreuses propositions émises en la matière", a-t-il encore noté.

De Wever a souligné que "toutes les parties sont également unanimes quant à la nécessité d'une sixième réforme de l'Etat". Il a encore ajouté que que "le statu quo n'est pas envisageable pour l'ensemble de mes partenaires, ne fût-ce que pour créer un climat de stabilité politique indispensable pour l'assainissement des finances publiques."

"Pas assez de convergence"

"J'ai d'ores et déjà pu constater des points de vue convergents sur la poursuite de la réforme institutionnelle - avec des transferts des compétences selon des modalités de financement à déterminer".

De Wever a encore insisté sur le fait que "personne ne conteste que l'assainissement des finances publiques et la réforme institutionnelle ne peuvent mettre à mal notre tissu économique et la sécurité sociale. Au contraire. Les mesures à prendre doivent autant que possible contribuer à les renforcer. Les points de vue exprimés et les propositions formulées à cet égard présentent de nombreuses similitudes".

"Sur la base des entretiens et des contacts informels que j'ai entre-temps noués, je suis d'avis que les points de vue des parties qui entrent en considération pour former le gouvernement convergent mais pas de manière suffisante pour composer directement un gouvernement. Dès lors j'ai recommandé au Roi de prendre une initiative afin d'approfondir et élargir le débat sur les convergences que j'ai constatées, ce qui devrait permettre la formation d'un gouvernement", a conclu De Wever.

Belga