MONDIAL 2010

Papin : « La plus grande crise du foot français »

Papin : « La plus grande crise du foot français »

EPA

L'ex-international tricolore était exceptionnellement de passage chez nous. L'occasion d'évoquer la France et le chaos que les Bleus traversent.

Arbitre : M. Ruiz (Col)

FRANCE : Lloris ; Sagna, Squillaci (ou Gallas), Abidal, Evra (ou Clichy) ; A. Diarra, Diaby ; Ribéry (ou Valbuena), Gourcuff, Malouda ; Henry (ou Gignac).

AFRIQUE DU SUD : Josephs ; Gaxa, Mokoena, Khumalo, Masilela ; Tshabalala, Modise (ou Khuboni), Pienaar, Letsholonyane ; Mphela, Parker.

Ancien international tricolore (54 sélections), reconverti notamment comme consultant pour Canal +, Jean-Pierre Papin est particulièrement consterné par le séisme sans précédent traversé par l'équipe de France. De passage chez nous, pour fêter des supporters de l'AC Milan à l'invitation d'un célèbre parc d'attractions, JPP a longuement évoqué le chaos qui touche les Bleus, provoquant un climat surréaliste au sein du camp français.

Sa réaction aux propos d'Anelka est claire : Il les trouve « inadmissible », s'interrogeant sur les raisons de la fuite. « Cela ne doit jamais sortir du vestiaire ! (NDLR : lors d'une conférence de presse, hier, Zidane a également condamné cette fuite, sans excuser les propos d'Anelka). On sait que ce genre de choses arrive. J'ai moi-même vécu une histoire de ce genre il y a seulement quelques semaines (quand il était encore entraîneur de Chateauroux en L2). Bien sûr, j'ai mis le joueur dehors. Dans ces cas-là, il n'y a pas d'autre choix. Ou tu perds l'autorité. »

« Il manque plusieurs patrons »

L'ancien buteur de Marseille, Milan et Bruges, où il s'est révélé, sait trop bien les torts faits par cette affaire, devenue affaire d'État après le refus des joueurs de s'entraîner, dimanche. « C'est la plus grande crise du foot français, juge-t-il. On est arrivé à un point de non-retour, dû à une accumulation d'événements. »

Candidat au poste de sélectionneur... de la Belgique, il n'y a pas si longtemps, Papin ne se fait plus trop d'illusions sur les chances de son pays d'arracher une qualification pour les huitièmes de finale.

Il aimerait croire à un miracle, « même si on n'a pas marqué un but sur les trois derniers matches », mais les derniers événements ne laissent pas de place à l'illusion.

« On a l'impression que la priorité (des joueurs) est de trouver celui qui a parlé. Mais le vrai fond du problème, c'est qu'on n'est pas bon. Qu'il manque plusieurs patrons, tant sur le terrain qu'en dehors. Et qu'on n'a pas battu le Mexique parce que le problème est collectif. Ce n'est pas la faute d'Anelka ou de Domenech. Il faudra un miracle et j'en ai vus en foot, mais je n'y crois pas. Quelque chose s'est cassé. » Déjà écornée auprès du grand public, l'image des Bleus en a encore pris un coup hier puisque certains sponsors ont mis un terme à leur campagne publicitaire mettant « en vitrine » les joueurs.