EUROPA LEAGUE 1/8 DE FINALE RETOUR

Standard: prolonger la parenthèse enchantée

Standard: prolonger la parenthèse enchantée

Comme à l'aller, De Camargo et ses équipiers devront faire bloc et profiter du moindre contre pour "tuer" tout suspense. (photo Reporters)

Avec un pied et quatre orteils en quart de finale de Coupe d'Europe, le Standard a tout pour oublier un éventuel échec en championnat.

Ce soir , le Standard retrouve sa tenue de gala. Celle qu'il chérit tant depuis deux ans. Qu'il enfile avec un plaisir non dissimulé, contrairement à son bleu de travail « Pro League », si souvent dédaigné depuis août. Tout le paradoxe de la saison des Rouches s'est exprimé ces huit derniers jours : brillants à Athènes (1-3), et quasi qualifiés pour les quarts de finale de l'Europa League, les champions en titre ont à nouveau trébuché à Zulte, dimanche, et n'ont plus leur sort entre les mains pour atteindre les fameux play-off 1. Pourtant, force est de constater que depuis la prise en main de l'équipe par Dominique D'Onofrio, un vent nouveau souffle sur Sclessin. À l'exception manifeste de Sinan Bolat, qui alterne encore trop le chaud et le froid, les cadres retrouvent leur niveau. Les Rouches auraient probablement mérité la victoire à Zulte, dimanche, dans un match débridé comme rarement. Mais voilà, ils n'ont pas su aller chercher les trois points. « C'est une semaine cruciale, insistait Dominique D'Onofrio, hier. Il faut rester calme, humble, les pieds sur terre, car nous ne sommes nulle part . » Effectivement, ce jeudi matin, ses joueurs n'ont encore rien en mains. Ni une place historique dans le grand 8 de l'Europa League, ni un ticket pour le top 6 belge.

Pour les play-off 1, on le sait, tout se jouera dimanche soir, sur le coup de 20 h, quand le Gand de Michel Preud'homme se rendra à Sclessin, et que Malines accueillera Zulte. Et ça s'annonce difficile, puisque le sort des Rouches ne dépend pas que d'eux.

1-3 à l'aller : en 20 ans, ça a suffi 82 fois sur 85

Pour ce qui est de l'Europe, par contre, on ne voit pas comment la qualification pourrait échapper au Standard. Sur les vingt dernières saisons européennes, seules trois des 85 équipes s'étant imposées 1-3 à l'extérieur à l'aller ne sont pas parvenues à se qualifier.* Voilà une idée de la marge de manoeuvre dont disposent les Liégeois. Une marge d'autant plus large que les Grecs, en tête de leur « super ligue » et à la recherche d'un sacre national depuis 2004, reçoivent l'Olympiakos dimanche. Leur entraîneur avait d'ailleurs directement prévenu après le match aller qu'il allait probablement sacrifier le retour. Igor De Camargo demande à voir : « N'importe quelle équipe veut disputer la Coupe d'Europe. Que le Pana annonce vouloir s'arrêter là m'étonne un peu, estimait le capitaine, hier, avant de rassurer ses supporters : on a déjà vécu des matchs importants, où on a perdu la tête, comme au Zenit ou à Braga (NDLR : défaites 3-0 à l'aller, les deux fois). Je suis sûr que dans ce genre de rencontre on a gagné de la maturité. Tout le monde sait ce qu'on doit faire demain . »

Soit, comme l'explique Dominique D'Onofrio, ne « pas laisser trop d'espace » et « conserver l'organisation de l'aller ». Un entraîneur rejoint par Sébastien Pocognoli, qui revient de suspension : « J'ai été agréablement étonné par la prestation de mes équipiers. Le Panathinaïkos n'a pas joué un grand match, mais le mérite en revient aussi au Standard. Momo Sarr disait justement, à propos du match retour, qu'il fallait le jouer comme la deuxième mi-temps à Zulte-Waregem, avec détermination et caractère. »

En clair, à moins d'un excès de confiance malvenu, tout le monde est conscient que le Standard est bien lancé pour disputer un quart de finale qui ferait date, dix-huit ans après le dernier. C'était en 1982, contre Porto. Cette année-là, le Standard ne s'était incliné qu'en finale, contre Barcelone. Le genre de parcours dont rêve tout le peuple rouche. Le genre de comparaison prématurée.

* En 20 saisons, seuls les Allemands de Stuttgart (0-3 à Feyenoord, 98/99), les Maltais de Sliema Wanderers (0-3 chez les Géorgiens de Margueti Zestafoni, 96/97), les Danois de Brondby (0-5 à Karlsruhe, 96/97) se sont qualifiés après avoir perdu le match aller 1-3 à domicile.

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