Le Noël des opérateurs mobiles ne connaît pas la crise

Le Noël des opérateurs mobiles ne connaît pas la crise

Un téléphone portable

Une foule d'offres promotionnelles, des téléphones toujours plus sophistiqués, une bataille publicitaire: pour les opérateurs mobiles, pas question de céder à la déprime de la crise économique à l'approche de Noël, leur période-phare.

"C'est un mois qui compte double, pour nous comme pour tout le monde", résume Thierry Pelissier, directeur marketing de SFR.

Avec une dizaine d'opérateurs mobiles virtuels (MVNO) en plus des trois gros (Orange, SFR, Bouygues Telecom), la compétition est encore plus féroce désormais, même si les nouveaux venus ne captent que 4,90% du marché.

Le butin de Noël - 2,5 millions de ventes - a de quoi faire saliver: Orange (France Télécom) y réalise 30% de son activité annuelle, Bouygues Telecom 45% entre septembre et décembre.

La crise économique... quelle crise? Chez Orange, "le thème de ce Noël, c'est +laissons le divertissement nous envahir+", explique Vincent Lobry, directeur marketing grand public pour la France.

La situation "ne remet pas en cause la stratégie globale, nous sommes plutôt dans des domaines où on en donne plus pour le même prix, plutôt que des effondrements de tarifs", indique-t-il.

Pour les opérateurs, qui ont lancé mi-novembre leurs campagnes publicitaires, "d'une certaine manière, ça tombe bien", ose M. Pelissier, car "nous proposons des produits très innovants à des prix très maîtrisés".

"On ressent plutôt un engouement et presque un soulagement des clients que ce soit si peu cher", avance-t-il. "Je ne dis pas que la crise ne va pas différer certains achats, mais il y a une telle envie" des consommateurs qu'"on est sur le registre de l'addiction".

Qu'importe l'état des finances, Noël "est devenu un rendez-vous" pour les accros du mobile: "c'est le moment des bonnes affaires", assure Frédéric Ruciak, directeur général adjoint du marketing de Bouygues Telecom, soulignant le "dynamisme (actuel) du marché, qui augure de l'accélération qu'on observe classiquement à Noël".

L'objectif des opérateurs est non seulement de gagner des clients mais surtout de les faire succomber aux nouveaux usages multimédia comme la musique, la télévision ou l'internet mobile... synonymes de revenus additionnels. L'idée: "faire monter en gamme les clients existants", dit M. Lobry, d'où la tendance aux offres avec un usage illimité de SMS, d'appels, de téléchargement de musique, de surf sur internet...

Mais, plus que l'offre commerciale, le nerf de la guerre, c'est le téléphone: d'où l'intérêt pour les opérateurs de nouer des partenariats avec les constructeurs pour avoir l'exclusivité sur les modèles high-tech, les "smartphones", désormais accessibles dès un euro.

Orange continue de miser sur l'iPhone d'Apple, SFR compte sur le nouveau Blackberry, Bouygues Telecom propose un LG avec écran tactile, tandis que chacun explore de nouveaux territoires en vendant "son" mini-ordinateur portable.

Sur ce terrain, les MVNO, aux moyens financiers limités, ne peuvent pas suivre: "ce sont des terminaux sur lesquels nous ne sommes pas, car les montants des subventions sont de 200 à 300 euros" par téléphone, explique Geoffroy Roux de Bézieux, PDG de Virgin Mobile.

"Nous avons décidé de prendre le marché à contre-pied face aux opérateurs historiques, qui misent beaucoup sur les nouveaux services alors que les usages multimédia peinent à se développer", affirme Nicolas Montetagaud, directeur marketing de Tele2 Mobile, promettant de "remplir la hotte du Père Noël sans percer le porte-monnaie des Français", avec des SMS offerts et des packs prépayés.