Haïti: peu d'espoir de trouver des survivants

Photo EPA

Deux jours après l'effondrement d'une école en Haïti, qui a fait au mois 84 morts et 150 blessés, en majorité des enfants, l'espoir de retrouver des survivants dans les décombres était de plus en plus mince.

Le pasteur Augustin Fortain propriétaire de l'établissement, situé dans un quartier pauvre de Pétion-ville, dans la banlieue de Port-au-Prince, était "interrogé" dimanche par la police, mais sans "être formellement accusé de rien", a indiqué le secrétaire d'Etat à la Justice Joseph-Luc Euchère.

L'établissement privé "La Promesse" accueillait habituellement 700 élèves, âgés de 3 à 20 ans, sous la direction du pasteur évangélique Augustin Fortain, qui se trouvait dans les locaux de la direction centrale de la police judiciaire haïtienne (DCPJ), après s'être rendu de lui-même samedi à la police.Selon des témoignages d'habitants du quartier recueillis par l'AFP, le pasteur, âgé d'une cinquantaine d'années, aurait lui-même construit l'école sans faire appel à des spécialistes.

"Cette construction ne répondait pas aux normes. Nous allons demander au ministère de l'Education de faire une inspection de toutes les écoles construites dans ces conditions-là", avait indiqué le sénateur Yvon Bissereth, responsable de la commission Education au Parlement.

Située entre les maisons du quartier, la construction en dur s'élevait sur deux étages, tandis qu'un troisième était en construction. Le premier étage s'est effondré aux environs de 10H00 (15H00 GMT) et a entraîné le reste du bâtiment alors que les élèves étaient en classe.

84 morts et 150 blessés

Le dernier bilan, diffusé samedi, fait état de 84 morts et 150 blessés.  "Pour l'instant, les caméras infrarouges n'ont pas détecté de signes de vie à l'intérieur", a dit à l'AFP le capitaine français Eric Brunstein qui oeuvre dans le cadre de la force de l'ONU en Haïti (Minustah). "Les équipes de secours vont quand même poursuivre les recherches ce matin", a-t-il ajouté.

Une équipe de pompiers français, arrivés samedi matin de l'île française de la Martinique, et des secouristes américains de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), tentaient de retrouver des écoliers bloqués sous les dalles de l'établissement, aidés par une équipe de secouristes canadiens.

Des équipes de secours de l'ONU, de la Croix-Rouge, de Médecins sans Frontière et de la police haïtienne se trouvaient également sur place.

Quatre enfants ont pu être retirés vivants dans la nuit de vendredi à samedi et dans la journée de samedi des décombres de l'école. Des centaines de personnes se trouvaient toujours dimanche matin sur les lieux du drame.

Avec Belga