INTERVIEW PAUL-OLIVIER DELANNOIS

Pour le bourgmestre de Tournai, on ne retient pas les leçons du passé

Pour le bourgmestre de Tournai, on ne retient pas les leçons du passé

Le bourgmestre de Tournai a l'intention de relancer les débats polémiques pour ouvrir les esprits... EDA

Dans le cadre de notre respective 2018, le bourgmestre de Tournai, Paul-Olivier Delannois,se soumet à nos trois questions sur ce qui l'a marqué l'an dernier ainsi que sur un projet qui lui tient à cœur pour 2019.

Quel événement (hors politique) vous a marqué en 2018?

Quand la Belgique a battu le Brésil lors des quarts de finale de la Coupe du monde, il n’a pas fallu un quart d’heure pour que l’on dise sur les réseaux sociaux que j’interdirai la rediffusion de Belgique-France sur grand écran à Tournai alors que je n’avais encore rien décidé. En âme et conscience, j’ai dit oui pour la retransmission sur la place Reine Astrid en misant avant tout sur l’intelligence des gens. J’étais persuadé que nos voisins que l’on considère comme des amis toute l’année n’allaient pas, en un jour, devenir nos ennemis. On a multiplié les messages de respect et les appels au calme et ça a marché. Il faut aussi souligner le travail de la police qui fut très vigilante mais, finalement, tout s’est bien passé, en bonne intelligence. Ce qui ne fut pas nécessairement le cas là où la retransmission publique avait été interdite…

Et dans le domaine politique?

Je retiendrai le centenaire de la Grande guerre… J’ai été fortement marqué par ma visite dans un cimetière du Brabant flamand où neuf jeunes Tournaisiens reposent. À l’heure où, aujourd’hui, l’on est plus près de se faire la guerre que la paix, à l’heure où l’on reparle de confédéralisme, je trouve très symbolique le fait que des jeunes de chez nous soient allés mourir pour le pays sur le sol flamand. Et je me dis que décidément, on ne retient vraiment pas les leçons du passé…

Un projet en particulier pour 2019, en dehors de ceux qui ont été exposés dans le cadre du plan général de politique communale, bien entendu?

Oui, je souhaite relancer les débats polémiques que j’avais mis sur pied il y a quelques années et qui avaient très bien marché. Souvenez-vous, il y eut des rencontres étonnantes et détonantes entre Guy Spitaels et Tariq Ramadan, ou encore avec l’avocat Jacques Verges, le journaliste-écrivain Jean-François Khan… J’ai déjà quelques noms en tête pour 2019 mais j’attends l’accord des intéressés avant d’en parler. Le but de ces débats est d’éveiller ou de réveiller les consciences, d’aiguiser l’esprit critique.

++ Retrouvez toute la rétro d'avril 2018 dans notre édition de l'Avenir/Le Courrier de l'Escaut de ce jeudi 27 décembre 2019 ++