C’est à l’école Calmette de Frameries (Mons) que Solaÿmane Laqdim a été accueilli. Les élèves de 5e année primaire lui ont posé des questions sur son rôle et sur la situation des droits de l’enfant chez nous.

Un délégué général aux droits de l’enfant, à quoi ça sert ?

Je suis comme un avocat, mais je défends tous les enfants de Belgique francophone. Parce qu’en Belgique, malheureusement, il y a des enfants dont les droits ne sont pas toujours respectés. Et c’est important de dire aux personnes qui décident : « Attention, là, il y a quelque chose de très grave qui est en train de se passer et j’aimerais bien que vous changiez la loi ou que vous fassiez quelque chose pour que ces enfants ne soient plus dans une situation compliquée. »

Heureusement, je ne suis pas tout seul. J’ai une équipe et on est en contact avec tous ceux qui travaillent pour aider les jeunes, dans les quartiers, les écoles…

Le 20 novembre, c’est la Journée des Droits de l’enfant. Que faites-vous à cette date ?

Ce jour-là, des associations organisent toujours des fêtes et des événements. Et puis, le 20 novembre, chaque année, le délégué général aux droits de l’enfant doit rendre un rapport. C’est un bouquin, si vous voulez, dans lequel j’explique la situation des droits de l’enfant en Belgique et je donne des pistes de solutions. C’est aussi une de mes missions. Je vais au Parlement, là où on vote les lois, et je remets ça à tous les parlementaires. Puis je défends ce texte, je réponds aux questions que les parlementaires me posent, et ça permet aussi de faire exister les droits de l’enfant, d’en discuter et de voir ce qui ne va pas ou ce qui progresse.

Y a-t-il des délégués aux droits de l’enfant dans tous les pays du monde ?

Pas dans tous les pays. On est un réseau d’une trentaine de délégués. On a tous des noms un peu différents. En France, on dit défenseur des enfants. En Flandre, c’est la commissaire aux droits de l’enfant. Mais on fait plus ou moins le même métier. Par contre, dans certains pays, par exemple en Russie ou en Allemagne, il n’y en a pas. Il y a certains pays où c’est plus compliqué d’accepter quelqu’un qui dit : « Attention, là, je ne suis pas d’accord avec vous. »

À qui dois-je m’adresser si je rencontre un problème familial ?

À une personne de confiance. Parce que ce n’est pas facile, de raconter ses problèmes, surtout des problèmes qui touchent notre famille. Donc, je conseille d’aller vers une personne de confiance. À l’école, par exemple, il y a plein de gens de confiance. Et eux, normalement, ils savent quel levier il faut actionner pour t’aider.

Comment faites-vous pour que les enfants connaissent leurs droits ?

C’est aussi une de mes missions, d’informer les enfants de leurs droits. C’est pour ça que je suis là aujourd’hui aussi, pour échanger avec vous, pour que vous puissiez connaître vos droits. J’ai d’ailleurs apporté des petites brochures, comme ça vous pouvez en prendre connaissance. Et puis, j’ai la chance d’avoir un collègue qui est là, qui s’appelle Pierre, et qui s’occupe de transmettre de l’information sur les réseaux sociaux, sur Internet… Je passe aussi parfois dans les médias, à la télé, à la radio, et ça me permet aussi d’expliquer que les droits de l’enfant, c’est important.