Chaque année, nous sommes informés de la date du jour du dépassement. Depuis 2006, des chercheurs évaluent chaque année, le moment où l’humanité a consommé l’ensemble des ressources naturelles que la planète peut renouveler en une année. Cette date symbolique vise à nous faire prendre conscience des limites de la planète.

Les humains utilisent autant de ressources écologiques que s’ils vivaient sur 1,75 Terre. Mais comment peut-on consommer plus d’une planète… alors que nous n’en avons qu’une de disponible ?

Comment fait-on ce calcul du jour du dépassement?

On estime la surface de terre nécessaire pour subvenir aux besoins d’une personne ou d’un groupe de personnes. Cette estimation est réalisée en hectare (10 000 m2).

En Belgique, on estime que chaque habitant a besoin de 7,47 hectares de surface terrestre pour subvenir à ses besoins. Si tous les citoyens du monde vivaient comme les Belges, l’humanité aurait besoin de 4,3 planètes pour satisfaire à ses besoins. C’est d’ailleurs pour cela qu’en Belgique, ce jour du dépassement arrive plus tôt qu’au niveau mondial. Chez nous, ce jour tombe le 26 mars.

Quand on dit que l’on consomme davantage que les limites planétaires, on signifie que l’on creuse un déséquilibre. Ce jour du dépassement est donc obtenu en comparant la quantité de ressources naturelles que nous consommons à la capacité pour la nature de les renouveler ou de les recycler.

Donc, si l’on comprend bien, dans un monde idéal et équilibré, il faudrait que ce jour du dépassement tombe le 31 décembre… ou même après !

Un jour plus tardif en 2023, une bonne nouvelle?

Selon l’organisation Global Footprint Network (un institut de recherche international établi en Californie) et des scientifiques universitaires, qui ont rassemblé trois millions de données statistiques de plus de 200 pays, le jour du dépassement 2023 tombe aujourd’hui, le 2 août. L’an passé, c’était le 28 juillet. On a donc « gagné » cinq jours cette année.

Est-ce une bonne nouvelle ? On peut le prendre ainsi.  Mais pour atteindre l’objectif du GIEC de réduire les émissions mondiales de carbone de 43% d’ici 2030 par rapport à 2010 nécessiterait de déplacer le « jour du dépassement » de la Terre de 19 jours par an au cours des sept prochaines années.

Mais comment peut-on consommer plus d’une planète… alors que nous n’en avons qu’une de disponible ?

On ne consomme pas plus d’une planète. C’est une image pour représenter l’épuisement que l’on provoque. Les activités humaines conduisent le CO2 à s’accumuler dans l’atmosphère (couche de gaz qui entoure la Terre). Cela provoque le changement climatique qui menace les équilibres des écosystèmes.

Et la production de plastique ?

Earth Action, un bureau d’études suisse, a calculé que le 28 juillet 2023, la production annuelle de plastique à usage unique a dépassé les capacités actuelles de gestion de ces déchets au niveau mondial.

Selon Earth Action « 43 % du plastique produit ne sera pas collecté, trié, puis recyclé ou éliminé à temps cette année, laissant 68,5 millions de tonnes de ces déchets polluer l’environnement. »