«À quoi ça sert de planter des haies?», c’est la question qu’Alice, 11 ans, nous a posée. Avec nos marqueurs, nous lui avons répondu.

Très longtemps, Alice, les haies ont fait partie de nos paysages. Elles délimitaient les parcelles de terre. Mais dans les années 1960-1970, on a commencé à agrandir les champs et à utiliser des machines de plus en plus grosses dans les cultures. On a supprimé les haies pour faciliter le travail agricole. Ça semblait logique et pratique. 

Mais on a fini par réaliser à quel point les haies étaient importantes. Alors, maintenant, on en replante. Le gouvernement wallon a même lancé un défi : planter 4 000 km de haies ou un million d’arbres, en cinq ans.

Mais donc, à quoi servent-elles, ces haies ?

Une haie, c’est un abri et une réserve de nourriture pour un tas d’espèces : des oiseaux, des petits mammifères, des batraciens, des reptiles, des insectes… 

C’est tout bon pour la nature, donc. Mais ça a un tas d’autres effets. 

Les insectes sont essentiels pour polliniser. Tu sais, ils transportent le pollen, de petits grains reproducteurs, d’une fleur à l’autre. Du coup, s’il y a plus de haies, on a des chances d’avoir plus de fleurs et plus d’insectes, et donc de meilleures récoltes de fruits, de tournesol, de colza… 

Comme les haies accueillent de nombreuses espèces, on a aussi plus de chances d’y trouver des compagnons de lutte contre les indésirables. Par exemple, beaucoup de coccinelles qui se nourrissent de pucerons, un ennemi redoutable de certaines cultures. Ou encore, des oiseaux comme le faucon crécerelle et la chouette chevêche, qui débarrasseront les champs des campagnols un peu trop gourmands.

Les haies protègent aussi des grands vents qui assèchent le sol et couchent les cultures. Elles donnent de l’ombre au bétail et atténuent les trop fortes chaleurs en été. Elles stabilisent le sol, notamment le long des cours d’eau et des routes. Elles font barrage contre les coulées de boue et réduisent les risques d’inondations.  

Comme tous les végétaux, les haies captent le carbone dans l’air, ce qui permet de lutter contre le réchauffement du climat. 

Les haies, des corridors écologiques

Les haies servent aussi de routes, de couloirs de circulation pour un tas d’espèces. Et ça, c’est également très important. De nombreuses espèces sont menacées, entre autres, parce qu’elles manquent d’espace pour vivre, circuler, trouver de la nourriture, rencontrer des partenaires pour se reproduire…

Si on crée un réseau de corridors écologiques, comme des haies, on favorise la biodiversité. Autrement dit, on aide à protéger un certain nombre d’espèces d’animaux, de plantes et de champignons. Et ça, c’est essentiel : nous, les humains, sommes une espèce parmi d’autres, qui dépend de son environnement. Tout est lié, dans la nature. Protéger les espèces qui nous entourent, c’est nous protéger aussi. Et puis… un paysage traversé de haies, c’est quand même plus agréable à regarder que des vastes surfaces uniformes, non ? 

A toi la parole! Pose-nous tes questions

Deux fois par mois, le JDE répond à tes questions dans une vidéo faite de dessins.

Depuis le début de ce projet, nous avons déjà répondu à toute une série de questions variées. Par exemple: «Qu’est-ce qu’un réfugié?», «Quel est le rôle du roi des Belges?», «Pourquoi certains animaux hibernent-ils? » ou encore «C’est quoi les règles?». Toi aussi, tu te poses des questions? Envoie-les nous à lecteurs@lejde.be ou sur notre site dans la page « Je donne mon avis ». Indique bien tes coordonnées. Si ta question est sélectionnée, nous te contacterons.