Sur la photo ci-dessus, on voit Mikhaïl Gorbatchev lors des derniers jours de l’URSS (un très grand pays communiste, où les terres et toutes les richesses appartenaient à l’Etat).

L’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques) comprenait notamment la Russie. Regarde cette infographie ci-dessous et note quels pays faisaient partie de cette « Union » appelée URSS.

C’est en 1985, que Mikhaïl Gorbatchev est devenu le nouveau président de l’URSS. Il pensait alors qu’il allait pouvoir faire survivre le pays… mais sa politique a raté sa cible.

Pour le comprendre, revenons un peu en arrière.

La construction des blocs de l’Est et de l’Ouest

Entre 1940 et 1945, une guerre ravage l’Europe. Elle touche aussi de nombreux autres pays du monde. Elle se termine en 1945 par la défaite de l’Allemagne.

Les pays vainqueurs veulent que, désormais, le perdant soit dans l’impossibilité de déclencher une nouvelle guerre. En trente ans, elle a été à l’origine de deux conflits mondiaux : la Première Guerre (1914-1918) et la Seconde Guerre mondiales (1940-1945). C’est plus qu’assez !

Alors que la guerre fait toujours rage, en février 1945, trois hommes d’État se rencontrent pour tenir une conférence à Yalta (Crimée, près de la mer Noire). Ces trois hommes représentent trois mondes bien différents. Ils n’ont pas les mêmes idées ni les mêmes intérêts ou visions du monde. Unis dans la guerre, pourraient-ils en faire autant dans la paix ?

Sur cette photo, on voit assis le Premier ministre britannique, Winston Churchill, le président américain, Franklin D. Roosevelt et le président de l’URSS, Joseph Staline. La Seconde Guerre mondiale n’est pas encore terminée, – on est en février et la guerre ne finira qu’en septembre – mais ces décideurs (ils se sont alliés contre l’Allemagne) se rencontrent à Yalta (en Crimée) pour préparer la paix et décident, qu’après la guerre, l’Allemagne sera divisée en quatre zones d’occupation. La guerre froide va bientôt naître !

Ils conviennent que l’Allemagne sera partagée en quatre zones d’occupation.

Le pays sera donc divisé entre les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques, qui comprenait la Russie) et la France.

Mais trois semaines après Yalta, l’accord convenu n’est pas respecté par Staline, le dirigeant de l’URSS. D’autres conférences auront lieu mais les tensions ne cesseront de grandir.
Bientôt, deux blocs vont diviser la planète : l’Est dirigé par l’URSS et l’Ouest emmené par les États-Unis.

Une frontière va marquer la séparation entre ces deux blocs. On l’appelle le rideau de fer. Cette frontière s’étend sur 8500 km, elle est militarisée c’est-à-dire qu’on y a positionné des chars d’assaut, des troupes militaires, des murs et des barbelés.

La guerre froide est née. On l’appelle ainsi car les deux camps vont éviter l’affrontement direct qui aurait conduit à l’usage de bombes atomiques. La guerre froide se pratique par tous les moyens : course aux armements, espionnage, conquête de l’espace, compétitions sportives…

En 1985, un air différent souffle en URSS, le bloc de l’Est

Quand Mikhaïl Gorbatchev accède à la présidence de l’URSS, il pense qu’il faut du changement si l’on veut que l’Union soviétique survive.

L’URSS existe depuis 1922. Et dans ce vaste ensemble, c’est le Parti communiste (PC) qui prend toutes les décisions pour le pays. Seuls les privilégiés qui fréquentent le PC mènent une vie agréable, contrairement au reste de la population. De plus, dans la société soviétique, la liberté d’opinion et d’expression n’existe pas. Aucune opposition au régime communiste n’est tolérée.

Quand Mikhaïl Gorbatchev devient le nouveau Secrétaire (chef) du PC, l’économie (c’est la façon dont sont organisés l’agriculture, l’industrie et le commerce d’un pays) va très mal. Il parle de changement. Il espère le faire en douceur et conserver le système communiste.

Il donne plus de libertés, fait des réformes (changements) économiques. Mais il est trop tard. Le ras-le-bol face au communisme gagne du terrain. .

En fait de changement, Mikhaïl Gorbatchev va perdre de l’influence sur les pays du bloc de l’Est. En juin 1989, les Hongrois (habitants d’un pays du bloc de l’Est) avec l’aide des Autrichiens commencent à démanteler le rideau de fer.

La Hongrie sera ainsi le premier pays à se libérer de la tutelle (autorité) soviétique.

En 1991, l’URSS, alors dirigée par Boris Eltsine, éclate en 15 États indépendants (libres de décider de leur sort). Douze d’entre eux restent liés sous le nom de CEI (Communauté des États indépendants). La Russie devient leur leader (chef). Aujourd’hui, la Russie n’est plus communiste et elle est dirigée de façon autoritaire par Vladimir Poutine.

Pourquoi dit-on que Mikhaïl Gorbatchev est le « champion de la paix »?

Car il a joué un rôle important pour mettre fin à la guerre froide et faire tomber le rideau de fer. Mikhaïl Gorbatchev reçu le Nobel de la Paix en 1990.

Aujourd’hui, les hommages affluent, après l’annonce de son décès.

Pour Emmanuel Macron, le président français, Mikhaïl Gorbatchev était un « homme de paix dont les choix ont ouvert un chemin de liberté aux Russes. Son engagement pour la paix en Europe a changé notre histoire commune », a-t-il souligné.

Le chef de l’ONU (Organisation des Nations unies, chargée de défendre la paix dans le monde) a salué, dans un communiqué, « un homme d’Etat unique qui a changé le cours de l’histoire » et fait « plus que n’importe qui pour provoquer de façon pacifique la fin de la Guerre froide.»

Le décès de Mikhaïl Gorbatchev intervient en pleine offensive de l’actuel président russe Vladimir Poutine en Ukraine, lancée le 24 février (il y a 6 mois) et dénoncée en Occident comme une résurgence (réapparition) de l’impérialisme russe.