«Va-t-on devoir faire autant de vaccins qu’il y a de variants au coronavirus?», c’est la question que Kéo, 9 ans, nous a posée. Avec nos marqueurs et avec l’aide de Nathalie Jacobs, professeure de virologie à l’ULiège, nous lui avons répondu.

La coronavirus, un virus qui mute

Reprenons depuis le début. Le covid-19 est une maladie contagieuse causée par le coronavirus Sars-CoV-2. Depuis son apparition, en décembre 2019 en Chine, le virus change : il mute. Chaque virus a un code génétique, sa carte d’identité. Quand il se multiple, il lui arrive de commettre une erreur en recopiant son code. En ressort une mutation.

C’est tout à fait habituel chez tous les microbes. Les coronavirus mutent d’ailleurs plus que les bactéries, mais moins que le virus du SIDA, par exemple.

Des mutations silencieuses et des nouveaux variants

Le Sars-CoV-2 a déjà effectué des milliers et des milliers de mutations depuis son apparition. Certaines mutations sont dites « silencieuses ». Elles n’ont pas ou très peu d’impact.

D’autres, seules ou cumulées, font que le virus se transforme assez pour que sa vie soit un peu différente de ce que l’on connaissait avant. On parle alors de nouveau variant.

Tu as certainement entendu parler des variants britannique, sud-africain et brésilien du coronavirus, Jérémy.  On parle beaucoup d’eux parce qu’ils sont devenus dominants. C’est-à-dire que, là où ils sont présents, ils touchent plus de personnes que les autres variants.

Sont-ils pour autant plus contagieux ? On pense que oui, mais on n’a pas encore la preuve scientifique.

Il semble en tout cas qu’ils ne soient pas plus pathogènes, c’est-à-dire qu’ils ne provoquent pas plus de maladies que les autres. Mais ils sont évidemment très surveillés par les scientifiques.

L’impact des variants sur le vaccin contre le coronavirus

Pour revenir à ta question : quel est leur impact sur les vaccins ?

Comme tu le sais, le vaccin a pour but de pousser notre système immunitaire à produire, notamment, des anticorps contre les microbes. Les anticorps permettent de bloquer l’attachement et l’entrée des microbes dans les cellules et, ainsi, les empêchent de se reproduire.  

Les anticorps produits grâce aux vaccins que l’on a fabriqués contre le Sars-CoV-2 sont capables de reconnaitre ses variants identifiés jusqu’à présent. Avec les connaissances actuelles, on peut donc dire que ces vaccins restent efficaces. Si cela change, et qu’un variant échappe aux anticorps, les scientifiques pourront rapidement créer un nouveau vaccin contre ce variant. C’est l’avantage de ces nouveaux vaccins, ils peuvent s’adapter facilement aux variants.

Pourquoi alors, ces variants font-ils peur ?

Comme on l’a dit, parce qu’ils sont probablement plus contagieux. Cela les rend plus difficiles à maitriser. Un enjeu important de la lutte contre cette pandémie est d’éviter que trop de gens soient atteints du covid-19 en même temps. Car les hôpitaux seraient alors surchargés et dépassés.

Ce qui veut dire qu’il faut d’autant plus respecter les gestes barrières et continuer de prendre des précautions si l’on veut se protéger et protéger les autres, même si l’on a été vacciné. Car on ne sait pas encore si le vaccin empêche de transmettre les virus, mais ça, on devrait le savoir bientôt.

Si tu te poses d’autres questions sur le coronavirus, voici deux chouettes ressources, en dehors du JDE, pour t’informer sur le coronavirus:

+ La plateforme « Joy »

+ Le site « Covid for Kids »

A toi la parole! Pose-nous tes questions

Deux fois par mois, le JDE répond à tes questions dans une vidéo faite de dessins.

Depuis le début de ce projet, nous avons déjà répondu à toute une série de questions variées. Par exemple: «Qu’est-ce qu’un réfugié?», «Quel est le rôle du roi des Belges?», «Pourquoi certains animaux hibernent-ils? » ou encore «C’est quoi les règles?». Toi aussi, tu te poses des questions? Envoie-les nous à lecteurs@lejde.be ou sur notre site dans la page « Je donne mon avis ». Indique bien tes coordonnées. Si ta question est sélectionnée, nous te contacterons.