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Être né garçon et se sentir fille, ou l’inverse...

Être né garçon  et se sentir fille, ou l’inverse...

Ekaterina - stock.adobe.com

Je me sens fille? Garçon? Pour presque tout le monde, la réponse est évidente. Et pourtant... Il arrive que le genre déterminé à la naissance, en fonction du physique, ne corresponde pas à l’identité vécue par l’enfant. Nous avons rencontré Ambre, qui est dans ce cas.

Avoir été considérée comme fille à la naissance, sur base de son corps, mais se sentir garçon, ça arrive! L’inverse aussi. Partout dans le monde, des enfants et des adultes ont des doutes sur leur identité de genre - Fille? Garçon?-, ou sont sûrs de ne pas être dans la bonne «catégorie».

Ce n’est pas une maladie, et c’est un fait qu’on ne choisit pas. Beaucoup n’osent pas l’exprimer, n’en ont pas la possibilité, ne sont pas entendus, ou sont rejetés... ce qui provoque une grande souffrance.

D’autres font le passage d’un genre à l’autre. C’est ce qu’on appelle la transition. Elle peut se faire à des degrés divers, sur le plan social (dans la société, avec les autres), administratif (carte d’identité...), ou physique, selon le choix de chacun, et selon ce qui est permis en fonction de l’âge.

Quel genre?

Souvent, quand quelqu’un annonce qu’il n’est pas en accord avec le genre qu’on lui a attribué à la naissance, tout le monde est perdu, perturbé. Notre société n’est pas habituée à cela. C’est un sujet peu visible, tabou (dont on ne parle pas).

Mais, doucement, les choses évoluent. Des films et des livres sortent à ce propos. Des personnalités publiques montrent qu’ils ou elles font leur transition. Et en Belgique, nous avons, depuis peu, une ministre transgenre, qui ne s’en cache pas: née assignée garçon, Petra De Sutter a affirmé son identité féminine et est maintenant une femme.

Ambre, 9 ans et demi

Bien sûr, des enfants sont concernés. Nous avons ainsi rencontré Ambre. À sa naissance, sur base de ses parties génitales, le docteur a déclaré qu’Ambre était un garçon: «Mais, dit-elle, en fait, je suis une fille. Ce que j’ai entre les jambes ne change rien au fait que je suis une fille. En fait, on devrait laisser l’enfant dire lui-même s’il est une fille ou un garçon.»

Ambre était donc officiellement un garçon, et avait un prénom masculin. Mais à 2-3 ans, elle jouait avec des poupées, aimait le rose, avait des goûts «de fille» et disait qu’elle était une princesse.

Évidemment, ça ne suffit pas: on peut être une fille et aimer des couleurs, des vêtements ou des jeux dits «de garçon» et inversement! Mais Ambre, elle, a répété régulièrement qu’elle était une fille. Quand on lui disait qu’elle était un garçon, elle répondait fermement: «Non, je suis une fille! ». Ses parents ont entendu le message et ont réagi: leur «fils» était une fille, il fallait donc changer son prénom et lui permettre de vivre sa vie de fille.

Ce changement n’a pas été facilement accepté partout, notamment dans son école. Des élèves la harcelaient, et certains adultes n’étaient pas du tout bienveillants. Ambre avait, par exemple, envie de porter des robes pour aller à l’école. «Je l’ai fait plein de fois... Mais c’était dur!» Les tensions et le rejet étaient écrasants. «J’en avais marre, parfois ils me faisaient pleurer le soir». La situation était trop douloureuse, il a fallu changer Ambre d’école!

«À l’école, j’avais seulement deux amies. Maintenant, je suis dans une école qui accepte toutes les différences. Là, j’ai vraiment beaucoup d’amis, tout le monde m’accepte bien, c’est chouette!»

Dans sa nouvelle école, Ambre vit normalement. Les toilettes ne sont pas genrées (il n’y a pas de toilettes distinctes pour filles et pour garçons ). Pas de problème à la piscine ni à la gym. Et, hors de l’école, Ambre fait du Parkour et de la comédie musicale.

Aujourd’hui, Ambre se sent bien. Elle nous dit que vivre dans une identité de genre qui n’est pas la bonne était... «très difficile. Heureusement, j’ai le meilleur papa et la meilleure maman du monde!»

 

Des infos et du soutien

Pour aider les enfants et les ados concernés, ainsi que leur famille et leur entourage (notamment les écoles), une association est née en Belgique en 2019: Transkids.

En plus de répondre aux questions, accompagner et soutenir les familles, elle organise des activités pour que les enfants et les parents se rencontrent. Cela leur permet de ne plus avoir l’impression d’être seuls à vivre cela.

Daphné Coquelle, de cette association, explique: « En fait, il y a entre 1 et 3% de la population mondiale qui est transgenre ou qui remet son genre de naissance en questionnement. Ce n’est donc pas si rare

www.transkids.be

 

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