TURQUIE

Référendum: Erdogan aura-t-il les pleins pouvoirs ?

La Turquie est par ailleurs sous état d’urgence depuis le putsch manqué. Quelque 47.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues. AFP

Quelque 55,3 millions de Turcs sont appelés ce dimanche à voter pour ou contre le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, lors d’un référendum crucial dont l’issue pourrait remodeler le système politique du pays et redéfinir ses relations avec l’Occident.

Près de 55,3 millions de Turcs sont invités à se prononcer sur un référendum constitutionnel visant au renforcement des pouvoirs du président Recep Tayip Erdogan.

Le référendum a été convoqué par le président turc Recep Tayyip Erdogan qui vise à établir une présidence plus forte, et à remplacer l’actuel système parlementaire de la république.

S’il l’emporte, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch il y a neuf mois, disposerait d’un pouvoir considérablement renforcé et pourrait en théorie rester président jusqu’en 2029.

Les opposants estiment que les changements constitutionnels sont à même d’éroder l’équilibre actuel en affaiblissant le parlement et en politisant l’appareil judiciaire.

Elle dénonce la dérive autoritaire d’un homme qu’elle accuse de chercher à museler toute voix critique, surtout depuis le putsch manqué.

«Plus de stabilité à la Turquie et assurer sa prospérité»

Le gouvernement présente cette réforme comme indispensable. Selon le leader Erdogan, le changement doit garantir plus de stabilité à la Turquie et assurer sa prospérité économique alors que celle-ci bat de l’aile. Il rejette les accusations que les modifications constitutionnelles donnent le jour à un régime concentré dans les mains d’un seul homme, assurant que la démocratie sera améliorée.

M. Erdogan a notamment indiqué que la candidature de la Turquie à l’UE, au point mort depuis des années, serait mise «sur la table» après ce référendum. Il a aussi relancé le débat sur le rétablissement de la peine capitale, une ligne rouge pour Bruxelles.

Ce référendum, qui polarise la société turque, a lieu dans un contexte d’Etat d’urgence, instauré après la tentative échouée de coup d’Etat il y a un an.

Des restrictions pour l’opposition

L’opposition faisant campagne pour le «non» a été confrontée à des restrictions, selon les observateurs, dont l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Les derniers sondages présagent un tête-à-tête entre les deux blocs, mais le président Erdogan a manifesté sa confiance en un résultat clair dépassant les 50% en faveur de ses propositions.

Les résultats devraient être annoncés dans le courant de la soirée dimanche.