jupiler pro league Play-off 1 (2e journée) : Standard – Anderlecht (ce soir, 20h30)

« Là, on ne divise plus par deux »

« Là, on ne divise plus par deux »

Pour l’ancien coach des Diables, « aucune des deux équipes ne peut se permettre de perdre. »

© REPORTERS PRESS AGENCY

Pour Robert Waseige aussi, l’enjeu de ce troisième clasico de la saison le rendra fort différent de ceux de la phase classique.

Malgré ses 72 ans, Robert Waseige reste un acharné de la compétition belge. Il suffit de lui demander son avis sur le clasico de ce soir, et on ne l’arrête plus. « Ce Standard-Anderlecht a évidemment une saveur particulière par rapport à ceux de la phase classique, explique-t-il. Tout simplement parce que la pression y sera beaucoup plus grande. Durant la première partie du championnat, on se dit qu’on a encore le temps et qu’un éventuel handicap sera divisé par deux. Ce ne sera plus le cas ce soir. »

L’enjeu de la rencontre d’aujourd’hui est, en effet, essentiel. Pour Anderlecht, il s’agit de garder cette place de leader qui lui paraissait jusqu’il y a peu toute acquise, tandis que les Rouches tenteront de se relancer après cet énième faux pas face à un « grand » (0-3 à Gand). « Aucune des deux équipes ne peut perdre, poursuit l’ancien sélectionneur des Diables. Le Standard doit rester au contact des places européennes, tandis que le Sporting devra absolument éviter de commencer ses play-off par un 1/6. La pression sera le paramètre le plus important à maîtriser. »

Un des deux clubs risque donc de se retrouver dans une position délicate à la fin du match. « Ce sera alors au coach de trouver les mots justes , commente Waseige. C’est là que se situe toute la difficulté du métier d’entraîneur. Et pour ça, il n’y a pas de cours. »

Deux coaches, deux méthodes

L’ancien coach du Standard estime d’ailleurs que José Riga et Ariël Jacobs possèdent les qualités nécessaires pour remobiliser leur groupe en cas de mauvaise surprise.« Intellectuellement, ils sont tous deux très bons,assure-t-il.Je ne leur vois pas de réelle faille. Ils le sont d’ailleurs parfois… presque trop lorsqu’il s’agit de garder l’unité dans leur vestiaire. » En exemple, Robert Waseige pointe justement la dernière défaite du Standard à Gand. « José Riga a protégé ses joueurs en développant une vision optimiste du match. Mais comment son discours a-t-il été perçu de l’extérieur ? Les gens peuvent se demander s’il parle vrai. »

Du côté d’Anderlecht, Ariël Jacobs a adopté une autre méthode. « Celle de parler un minimum », poursuit Waseige. Pourtant, le Diegemois aura dû trouver les mots après le mauvais match de son équipe contre Courtrai. « Il ne s’agit peut-être pas d’un simple accident de parcours. Ils ont probablement trop entendu qu’ils gaspillaient des points contre les petites équipes. Vraisemblablement, tout le monde ne se donne pas à 100 % dans ce genre de match. Les leaders tels que Biglia doivent parler davantage. L’Argentin est un vrai guerrier. Il a la légitimité pour parler au groupe. »

« Espérer le vrai retour de Kanu »

À Sclessin, Robert Waseige pointe un autre problème. « C’est au niveau de la créativité que ça coince,explique-t-il. Mais si Seijas et Bia retrouvent tant leur capacité physique que le rythme des matches, le Standard retrouvera ce qui lui fait défaut. »Cela suffirait-il à rendre les Liégeois suffisamment conquérants et performants ? « Il y a aussi de gros soucis défensifs pour l’instant. Il faut espérer que ce soit le vrai retour de Kanu. S’il revient à son niveau, la défense retrouvera son autorité. Et quand l’assise défensive est là… »

Il s’agira donc aux Bruxellois et aux Liégeois de gommer un ensemble de manquements et d’erreurs s’ils veulent retrouver le bon chemin. « En même temps, comme souvent, c’est un détail qui risque de faire basculer le match », conclut le dernier entraîneur à avoir emmené nos Diables à une Coupe du Monde. C’était il y a bientôt dix ans, malheureusement..¦