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Les moules sont là: vous aimez?

Les moules sont là: vous aimez?

Belga

Les moules cuvée 2010 sont arrivées dans les commerces et les restaurants. Les professionnels parlent déjà de saison exceptionnelle.

Les moules, c'est un peu comme le beaujolais nouveau : certains décomptent les jours avant le lancement de la saison, tant ils en raffolent. Mais cette année pourtant, face à l'abondance et surtout à la vitesse avec laquelle les mollusques préférés des Belges se sont développés, les producteurs n'ont pas attendu le 8 juillet, date officielle du début de la saison, pour alimenter les commerces et restaurants. Le week-end dernier déjà, les amateurs pouvaient se régaler.

C'est que la saison qui débute s'annonce exceptionnelle. Et pour le démontrer, les producteurs zélandais avaient convié la presse outre-Moerdijk. Des mytiliculteurs qui arboraient un large sourire. Et pas seulement en raison du soleil, omniprésent hier sur ce coin des Pays-Bas.

« Les premières moules des parcelles d'élevage ont été vendues à la criée la semaine dernière. La qualité était exceptionnellement bonne » s'enflamme Ron Barbé, président de l'Association du négoce mytilicole. Avant de rassurer l'assemblée : « Les dernières années ont été difficiles . Heureusement, les perspectives se sont améliorées . Le manque de moules, issues de notre production intérieure dont nous avons souffert ces dernières années ne sera très bientôt plus qu'un mauvais souvenir . »

"Le manque de moules ne sera très bientôt plus qu'un mauvais souvenir"

C'est sur ces bonnes nouvelles que l'ensemble des convives a ensuite pris le large à bord d'un bateau qui sert d'habitude à récolter les moules. Direction, les zones d'élevage de l'Escaut oriental, situées à une vingtaine de kilomètres du port.

Sur le pont, Marinus Padmos, mytiliculteur depuis 20 ans, profite du soleil. La moule, il est dedans depuis qu'il est tout petit. Fils et petit-fils de mytiliculteur, il n'a pas mis longtemps à choisir sa profession, « le plus beau métier du monde à l'entendre ». Et lui en est convaincu. Le métier a de l'avenir. Les dernières années de crise ne l'ont pas freiné. Que du contraire. Le presque quarantenaire (38 ans) a profité du départ de certains pour racheter leurs compagnies. « Il y a du potentiel. Beaucoup de sites d'élevage sont libres. Et il existe des marchés encore peu explorés pour écouler nos moules . »

Rapidement, le « Zwaluw » arrive à destination. Les cordes qui retiennent les naissains, la matière première de l'élevage, sont remontées à la surface. L'occasion de vérifier que la relève est assurée dans nos assiettes.

C'est ensuite aux moules cultivées sur fond de mer d'être taquinées. Un filet en remonte un bon paquet. Dont certaines finiront dans la bouche des amateurs impatients. Les autres retourneront paisiblement au fond de l'eau.

Charnues, goutues, elles répondent aux attentes des quelques téméraires qui ont accepté de les goûter, crues, sans aucune préparation. Un peu comme des huîtres. Un délice.

C'est l'eau à la bouche que le bateau fait alors demi-tour. Retour au port pour déguster ces mollusques tant recherchés. Et comme annoncé, les moules sont exquises cette année. Bon appétit !