REGION WALLONNE

Benoît Lutgen: « Je fais ce que j'avais dit »

Benoît Lutgen: « Je fais ce que j'avais dit »

EDA

Benoît Lutgen siégera au fédéral lorsqu'il sera président du cdH. En attendant, il redevient ministre wallon. Il estime avoir respecté sa parole et les gens.

Benoît Lutgen, après votre brève démission pour aller prêter serment à la Chambre, vous voilà à nouveau ministre régional. Vous vous êtes chauffé une place ?

Je suis choqué qu'on puisse penser cela. J'avais une place qui m'attendait en tant que parlementaire wallon quand je ne serais plus ministre. Alors comment peut-on dire que je me chauffe une place au fédéral ? Je vous signale que j'ai simplement fait exactement ce que j'avais annoncé avant les élections.

À savoir ?

Que si le cdH réussissait à décrocher un second siège en province de Luxembourg, je siégerais au fédéral. Et, quoi qu'il arrive, j'avais aussi promis à André Bouchat qu'il resterait parlementaire wallon. Et j'avais dit à José Arens que le siège au fédéral, il le garderait aussi si on n'en avait qu'un. Ce qui signifie que si on n'avait pas décroché de second siège, je n'étais ni parlementaire fédéral, ni parlementaire wallon quand je sortais de charge ministérielle. C'était un gros risque pour moi. Mais je l'ai pris.

En attendant de siéger au fédéral quand vous serez président du cdH, vous êtes toujours ministre wallon. Pourquoi ne pas en avoir profité pour mettre votre successeur en place dès maintenant au gouvernement wallon ?

D'abord, parce que j'ai pris des engagements dans le cadre de la présidence belge de l'Union. Notamment au niveau de l'agriculture, je voudrais mener à bien les dossiers que j'ai portés. Je ne dis pas non plus que d'autres n'auraient pas pu le faire. Ensuite, qui peut savoir si le cdH sera dans une majorité fédérale ? Et si c'est le cas, c'est au moment où le gouvernement se formera qu'il faudra faire un casting complet. Ce serait idiot de mettre en place maintenant comme ministre wallon quelqu'un qui, finalement, sera peut-être mieux comme ministre fédéral en fonction des compétences qu'on recevra. Ce qui compte, c'est d'avoir la meilleure personne au meilleur endroit. Et, pour l'heure, on ne sait même pas les endroits où nous serons...

Pourquoi avoir décidé de siéger au fédéral plutôt qu'à la Région à laquelle vous dites pourtant tenir ? Parce que c'est mieux pour un président de parti d'être au fédéral ?

Rien à voir.Elio Di Rupo a été parlementaire wallon en étant président du PS. Ça ne change rien. Simplement, les cloisonnements entre fédéral et Région n'existent pas. Je pourrai tout aussi bien défendre des dossiers qui me tiennent à coeur depuis le fédéral qu'en étant à Namur. Et puis, comme je vous l'ai dit, j'ai beaucoup de respect humain pour André Bouchat. C'était important qu'il puisse encore faire entendre sa forte voix à la Région wallonne...