Bert van Mar... qui?

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Le sélectionneur des Pays-Bas , Bert van Marwijk, n'a pas l'aura d'un van Basten ou d'un van Gaal, mais il marque les Oranje de sa patte.

Van Basten, Advocaat, van Gaal, Rijkard, Hiddink : la liste des sélectionneurs néerlandais de ces dernières années impressionne. En choisissant Bert van Marwijk, quelques semaines avant l'Euro 2008, pour succéder au grand Marco Van Basten, la fédération néerlandaise a surpris : fini les noms qui claquent. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'elle a (enfin) vu juste. Ce modeste médian, sélectionné une fois chez les Oranje, y est pour beaucoup si les Pays-Bas renouent avec une finale de tournoi, 22 ans après l'Euro 1988.

« Les gens étaient un peu surpris quand il a été nommé, reconnaît Maarten Wijffels, journaliste au quotidien Algemeen Dagblad. Mais après avoir opté pour le jeune van Basten, la fédération a choisi quelqu'un de plus expérimenté. Il avait tout de même 56 ans quand il est arrivé, alors que van Basten en avait 40 . »

Chez nous, le nom de van Marwijk ne parle qu'aux mémoires encyclopédiques. Ce natif de l'Overijssel a terminé sa carrière de joueur à Assent (1988), en D2 belge et a entraîné à Herderen, en provinciale limbourgeoise (1990). De l'autre côté de la frontière, il n'en va évidemment pas de même. « Il est le dernier entraîneur néerlandais à avoir apporté un titre européen à un club du pays », rappelle Maarten Wijffels, qui suit les Oranje en Afrique du Sud. C'était en 2002, avec Feyenoord. Bert Van Marwijk s'imposait en finale de la Coupe UEFA face à un Borussia Dortmund... qu'il rejoignait en 2004, sans grand succès.

Cette réussite, elle arrive maintenant. Et ce n'est pas par hasard. Le beau-père de Van Bommel a eu la bonne idée de s'adjoindre Frank de Boer et Philip Cocu, deux jeunes retraités plus en phase avec la génération actuelle. « Van Marwijk s'est dit que les joueurs se sentiraient davantage proches de ces assistants-là ; que ça serait plus facile pour la communication. Sans oublier, qu'avec un tel trio, l'Ajax, le PSV et Feyenoord sont représentés, ce qui n'est jamais une mauvaise chose », poursuit le journaliste.

« Un mental à l'allemande »

Mais la petite révolution van Marwijk, elle s'est produite dans les têtes. « Van Marwijk a des joueurs de classe mondiale sous ses ordres, oui, mais van Basten aussi. Ce n'est qu'une des raisons de son succès, et les supporters néerlandais le savent, insiste le journaliste sportif d'AD. Il a surtout amené un certain esprit. Quand il est arrivé, il a dit : "les individualités sont là, mais je veux une mentalité à l'allemande. Même dans un mauvais jour, on doit rester fort, pour ne pas nous retrouver dehors." » Un paramètre qui a manqué en 2006 contre le Portugal et en 2008, contre la Russie, qui éliminèrent les Pays-Bas, au sortir de poules porteuses d'espoir. « Ce match remporté en quart de finale face au Brésil, les Oranje ne l'auraient jamais gagné avant ! »

Comme quoi, les résultats ne sont pas forcément tributaires de la renommée du sélectionneur. De bon augure pour nos Diables, peut-être.