Greenpeace : pas d'intimidation, selon Electrabel

A l'image de cette manifestation à Tihange, des militants de Greenpeace avaient manifesté devant le siège d'Electrabel en octobre dernier. C'est ce qui est à l'origine de cette perquisition. (photo EdA)

La justice bruxelloise a mené jeudi matin une perquisition au siège bruxellois de l'association environnementaliste Greenpeace. Mais le parquet assure que ce n'est pas "une importante affaire judiciaire".

La perquisition menée lundi matin au siège bruxellois de l'association environnementaliste Greenpeace fait suite à une plainte d'Electrabel. La société énergétique a assuré qu'il ne s'agissait pas d'une intimidation. "Nous devons prendre nos responsabilités par rapport à nos employés et nos installations", a souligné Electrabel. La porte-parole d'Electrabel, Lut Van De Velde a confirmé que la société avait déposé fin 2006 une plainte avec constitution de partie civile contre Greenpeace, notamment pour association de malfaiteurs et violation d'une propriété privée. "Nous avons toujours donné à Greenpeace la chance et l'espace nécessaire pour exprimer leur point de vue, mais il y a là aussi des limites à ne pas franchir, ajoute Lut Van De Velde. Si des dégâts sont causés, comme ce fut le cas lors de leur dernière action, nous voulons être remboursés. C'est pourquoi nous nous sommes constitués partie civile." Si après l'enquête judiciaire Greenpeace ou l'un de ses membres devait être renvoyé devant le tribunal correctionnel, Electrabel se constituera aussi partie civile et des dommages et intérêts seront exigés, a souligné la porte-parole.

Dans l'après-midi, le parquet avait relativisé l'affaire. Il s'agit essentiellement pour les enquêteurs de déterminer quels militants de Greenpeace ont participé à l'action du 27 octobre dernier, au sujet de laquelle Electrabel a porté plainte avec constitution de partie civile. Electrabel a déposé plainte après les multiples actions de l'organisation les mois précédents sur des terrains qui lui appartiennent. C'est surtout la dernière, au cours de laquelle les militants ont déversé du charbon pour protester contre la pollution des centrales au charbon, qui est directement à l'origine des perquisitions, selon le parquet. "Il ne s'agit certainement pas d'un gros dossier", a commenté le porte-parole du parquet, qui dément qu'il soit question de délits financiers, comme cela avait par ailleurs été évoqué par la police.

Cette perquisition était menée par la police fédérale sur exécution d'un mandat du juge d'instruction Lugens, à la suite d'une plainte d'Electrabel pour association de malfaiteurs. Une quinzaine de militants de Greenpeace avaient été appréhendés le 27 octobre dernier peu après avoir entamé une action devant le siège social d'Electrabel, boulevard du Régent à Bruxelles. Cette action clôturait une semaine consacrée à dénoncer la production par Electrabel d'électricité au départ de sources polluantes (centrales nucléaires et au charbon) au lieu d'investir dans des énergies propres et renouvelables. Electrabel avait porté plainte contre Greenpeace pour association de malfaiteurs, selon l'association environnementaliste, qui souligne que ses actions, également dirigées contre les centrales de Tihange et de Doel, étaient pacifistes et n'ont pas mené à des dégradations. (Belga)