Kapllan Murat explique sa cavale par la peur

Le substitut a requis une peine entre 18 et 24 mois de prison pour Murat qui avait défrayé la chronique l'été dernier. (photo Belga)

Kapllan Murat a comparu mercredi devant le tribunal correctionnel de Nivelles pour des faits commis durant sa cavale de juillet 2006, qu'il a justifiée par un sentiment de peur.

Le 16 juillet, emprisonné à Ittre pour diverses condamnations, il n'avait pas regagné l'établissement après un congé pénitentiaire. Il fut repris à Dilbeek le 28 juillet, sans violence. Murat a été renvoyé en correctionnelle, non pour sa (sixième) cavale en tant que telle -non punie pénalement-, mais pour quatre préventions : le vol de véhicules, le refus d'obtempérer aux forces de l'ordre, l'entrave méchante à la circulation et des menaces sur policiers.

Au moment des faits, il venait à nouveau de se voir refuser une libération conditionnelle alors qu'il aspirait à une nouvelle vie. Par "désespoir", il a pris la décision de ne pas regagner Ittre après son congé. Une de ses connaissances lui aurait alors fourni une Golf, qui était signalée comme volée à Forest. Murat affirme cependant l'avoir reçue en prêt. Après réflexion, il aurait décidé de rejoindre par lui-même la prison le 17 juillet. Mais en chemin, le véhicule volé fut repéré par deux policiers à moto qui lui ont signifié de s'arrêter, sans qu'il obtempère. "Je voulais regagner la prison mais pas entre des policiers" a-t-il expliqué. Il a aussi confié avoir pris peur. Il a alors pris la fuite sur les routes du Brabant wallon. "Je reconnais que je n'ai pas respecté le code de la route", a-t-il confessé. Poursuivi par la police, il prendra même l'E411 à contre-sens vers Wavre. Le prévenu conteste cependant la qualification d'entrave méchante à la circulation soutenue par le ministère public. Il réfute aussi avoir foncé sur un véhicule de police qui lui barrait la route à Wavre. "Je voulais juste passer et m'enfuir", a-t-il affirmé. Un des policiers a alors tiré un coup de feu vers le véhicule.

Estimant toutefois que ce dossier ne méritait son battage médiatique et politique -Murat ayant eu un comportement dangereux mais jamais violent-, le substitut Moreau a requis une peine entre 18 et 24 mois de prison. Pour la défense, Me Nathalie Buisseret a présenté Murat comme un homme ne comprenant pas le refus de libération conditionnelle et aspirant à une nouvelle vie de famille avec sa compagne. Pour son autre conseil, Me Pascal Vanderveeren, si Murat avait voulu emboutir sciemment une voiture de police, il aurait signé la fin de sa cavale. Selon l'avocat, l'entrave méchante suppose une volonté de rendre une situation sur la route dangereuse; ce qui n'était pas le but poursuivi. La défense a sollicité une peine de travail. Jugement le 18 avril. (Belga)