Michel Drucker y a planté son chapiteau samedi soir. J'y avais bu un vin blanc dans la semaine, en passant par la Lorraine. Parlons donc un peu de la nouvelle mais toujours très noble et très gracieuse place Stanislas de Nancy. Parlons-en pour en dire le plus grand bien.

On lui a refait une beauté et on lui a rendu tous ses honneurs. Ses ornements fragiles, ses ors baroques, sa statuaire délicate, ses fontaines et ses balcons ont été restaurés. On en a chassé l'automobile, celle qui venait y stationner aussi bien que celle qui ne faisait que passer. On lui a donné un éclairage très doux, de bas en haut, pour qu'elle soit aussi belle de nuit que de jour. On a remplacé ses 300 000 pavés. On a eu la bonne idée d'en bannir tout mobilier urbain. Ni fleurs, ni poubelles  ! Plus de bacs à géraniums, plus de grosses jardinières. Plus de corbeilles à détritus en bois exotique, en acier laminé noir ou en plastique vert.

La place Stanislas est ainsi plus grande et plus élégante, dans sa blancheur minérale seulement traversée par deux diagonales plus sombres. Avec, au beau milieu, son Stanislas trônant dans sa majesté retrouvée. Elle est toujours l'équilibre et la magnificence, l'espace et la perspective. Mais, tout en restant complètement fidèle à son esthétique originelle, elle a pris un coup de modernité épurée. Plus que jamais, elle est la vraie grand-place publique, où toute une ville peut se retrouver dans les grands moments, quand il s'agit de communier dans l'émotion, la joie ou la colère. Ne manquez pas d'aller voir et ressentir tout ça, devant un vin blanc, la prochaine fois que vous passerez par la Lorraine.

Robert NICOLAS