Di Caprio effraie Anvers et ses diamants

Le film "Blood Diamond", avec Léonardo Di Caprio, sort ce mercredi en Belgique. L'image de l'industrie diamantaire en ressort quelque peu ternie. Ce qui ne plait pas trop à Anvers, la capitale mondiale du diamant. Reportage.

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La bande-annonce en français

"Blood Diamond", c'est l'histoire des "diamants de la guerre", ces pierres précieuses exportées en secret des pays en conflits. Des pierres qui servent à acheter des armes. Des pierres à l'origine de guerres civiles, de morts et de destructions. Le film d'Edward Zwick ("Le dernier Samouraï) dénonce aussi les conditions de travail de ceux qui sont forcés de travailler dans les mines diamantifères.

On le comprend, ce long métrage a provoqué une vive polémique dans l'industrie du diamant. Cette dernière redoutant que l'image des diamants ne soit ternie par le propos du long métrage. "Blood Diamond" sort dans nos salles obscures ce mercredi. Comment réagira le public belge ?

Anvers (au centre de ce commerce mondial), et son Conseil Supérieur du Diamant, semblent plus sereins qu'en décembre dernier. Le film, qui est sorti aux Etats-Unis le 7 décembre, n'a pas eu d'effet sur les ventes. Philip Claes, porte-parole du Conseil supérieur du Diamant, estime que la sortie en Belgique n'aura pas davantage de répercussions.

"Des mesures ont été prises, il y a plusieurs années déjà, pour assurer la transparence des échanges commerciaux. Le Conseil a d’ailleurs invité Leonardo Di Caprio à Anvers, pour que l’acteur puisse se rendre compte de l’effort ainsi réalisé. Nous attendons toujours sa réponse", sourit Philip Claes.

La première initiative d’assainissement est d’ailleurs partie d’Anvers, en 2000. Il s'agit du système de certificat d’origine. Tout envoi peut ainsi être tracé. La transparence passe par des contrôles dans les mines, des vérifications à l’envoi, et un examen minutieux à la réception des diamants à Anvers.

"Avant la mise en place de ces contrôles, on estimait que 4 % des diamants mis en vente provenaient de zones de conflit. Aujourd'hui, les ONG les plus critiques ont applaudi nos efforts d’assainissement. On parle à présent de 0,1 à 1 % au maximum de diamants qui échappent au système ainsi élaboré", explique le porte-parole anversois.

Evidemment, le contrôle peut toujours être amélioré. "Blood Diamond" oeuvrera peut-être dans ce sens...

(Rodolphe MAGIS et Philippe LERUTH)

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