Patrick Lefevere contre-attaque en justice

Les proches de Patrick Lefevere l'accusent sévèrement (photo Belga)

Accusé par huit acteurs du monde du cyclisme, dans le journal Het Laatste Nieuws, d'avoir trempé dans le dopage pendant 30 ans, Patrick Lefevere, le grand patron de l'équipe cycliste Quick.Step, a décidé de contre-attaquer en justice

    Patrick Lefevere qualifie ces révélations de "nonsens absolu et bullshit". Les huit personnes (son médecin, son ancien meilleur ami et six autres personnes du milieu du cyclisme) évoquent 30 ans de dopage, de désintoxication, de fraude, d'amphétamines et d'epo. 
    "Lefevere a arrêté le cyclisme après qu'il était lui-même devenu dépendant des amphétamines qu'il trafiquait", affirment les témoins dans le Laatste Nieuws. 
    Concernant l'âge d'or de l'équipe Mapei, un médecin-chef italien qui a examiné les coureurs de Lefevere affirme que "les hormones de croissance venaient de la pharmacie et que l'epo était commandé par les cyclistes via internet. Si vous vouliez faire une bonne saison, il fallait allonger entre 20 et 30.000 euros, produits compris. Lefevere était au courant, voyait les choses se passer et approuvait". 
    Patrick Lefevere dément dans le quotidien ces accusations. Il admet uniquement avoir consommé, en tant que coureur, "sept à huit fois des amphétamines". Quant à l'accusation selon laquelle il aurait été contraint de quitter la course parce qu'il était devenu dépendant, M. Lefevere précise au Laatste Nieuws : "si vous écrivez cela, je vous fais un procès".
   
En justice

    Figure centrale du cyclisme belge ayant mené Johan Museeuw et Tom Boonen vers les plus hauts sommets, Patrick Lefevere conteste donc formellement le rôle de chef d'orchestre des pratiques de dopage dans son équipe qu'on voudrait lui faire endosser à tort.
    A la VRT, il a précisé que "leurs accusations sont très graves. Mais la facture que je vais leur présenter sera également très salée..." Et de poursuivre : "Je travaille dur depuis 25 ans, et je négocie en ce moment avec divers sponsors, dans l'espoir de les faire signer jusqu'en 2011, avec une option pour quatre saisons supplémentaires. C'est une affaire que l'on peut évaluer à 50 millions d'euros, et qui ne peut pas capoter à cause de malversations".
    Lefevere attaque par conséquent en justice. "Je ne vais quand même pas me laisser calomnier aussi gravement sans réagir", prévient-il depuis Genève, où il préside une réunion des équipes du ProTour. (Belga)