Daerden Jr au coeur d'une polémique

(photo Belga)

Le député-bourgmestre d'Herstal, Frédéric Daerden (PS), a nié dimanche sur le plateau de "Controverse" (RTL-TVi) les informations selon lesquelles il détenait des parts dans le cabinet de réviseur d'entreprise fondé par son père, le ministre Michel Daerden. Il reconnaît toutefois un "lien économique" avec ce cabinet.

Depuis l'an passé, le cabinet DC&Co, devenu BCG & Associés, est au centre d'une polémique qui concerne le nombre considérable de structures publiques qu'il contrôle. Fondé par Michel Daerden, il a ensuite été repris par son fils Frédéric quand il est devenu ministre.

En 2006, Frédéric, devenu député-bourgmestre, s'est mis en congé de ce cabinet et, a-t-il affirmé, il en a revendu les parts à Patrick Camarata, associé de DC&Co, pour se consacrer à son activité politique. "Il reste un lien économique mais je n'ai pas touché de dividendes depuis que j'ai cédé mes parts", a-t-il affirmé.

Il a expliqué ce lien de la manière suivante: il a vendu ses parts, et non donné, et il en a reçu une contrepartie. "Je n'ai plus de participation dans le groupe révisoral. Je n'ai plus aucun pouvoir décisionnel ni influence dans ce bureau. Il est totalement indépendant", a-t-il ajouté.

Wesphael veut dénoncer ces pratiques

Au cours de l'émission, M. Daerden était confronté au député Bernard Wesphael (Ecolo). Selon ses informations, M. Daerden détient toujours des parts dans le cabinet révisoral, via deux sociétés écran, A.I. Invest et PC&Co (Patrick Camarata), anciennement FD&Co. La première, détenue à 100 pc par Frédéric Daerden, aurait 1.273 parts dans PC&Co qui elle même serait propriétaire de 7.495 parts sur 7.500 de BCG. M. Daerden a nié l'existence d'un tel montage.

"PC&Co est une société constituée par Patrick Cammarata et qui détient sa participation dans le bureau révisoral, comme cela se fait habituellement. J'avais des parts dans PC&Co et, quand j'ai décidé de me retirer du bureau, je les ai vendues", a-t-il expliqué. Quant à A.I. Invest, il s'agit d'une société personnelle de M. Daerden par laquelle il est propriétaire de son appartement à Herstal, a-t-il fait remarquer. Il l'a constituée avec un certain Georges Xhaufelaire, un ami de longue date, également président de la cellule fiscale de la Région wallonne, forme d'embryon d'une future administration fiscale wallonne placée sous l'autorité du ministre wallon du Budget, ... Michel Daerden. Depuis lors, M. Xhaufelaire a démissionné de cette société, a indiqué Frédéric Daerden.

M. Wesphael a dénoncé les pratiques de M. Daerden et la façon dont le cabinet révisoral DC&Co et puis BCG avait prospéré. "Qu'on ne vienne pas me dire aujourd'hui qu'il n'y a pas eu des largesses, des affinités, du copinage", a-t-il lancé. "C'est grave et c'est faux! Je ne peux accepter que l'on dise que symbolise la malgouvernance wallonne. Ca m'a heurté et ça nuit à mon honneur", a répondu M. Daerden.

Le député écologiste a annoncé qu'il déposerait une proposition de décret visant à imposer la transparence et les procédures de marché public pour l'attribution des missions de révisorat mais aussi d'actions en justice. Frédéric Daerden s'est dit prêt à se joindre à une telle initiative mais il veut un travail sérieux mené avec l'Institut des réviseurs et l'Ordre des avocats.

Avec Belga